Élève de Kaare Klint, ami de Hans Wegner, Børge Mogensen (1914–1972) a passé sa vie à dessiner des meubles « pour la vraie vie ». Robustes, sincères, taillés pour durer plusieurs générations — son œuvre reste la définition même du design fonctionnaliste danois.
Un artisanat avant tout
Børge Mogensen entre à 22 ans à l’École royale des beaux-arts de Copenhague, dans l’atelier de meuble dirigé par Kaare Klint. Klint enseigne une chose fondamentale : avant de dessiner, mesurer. Mesurer les corps, les usages, les vêtements pliés dans une armoire, la hauteur d’une chaise de salle à manger. Mogensen fera de cette méthode son credo.
Diplômé en 1942, il rejoint la coopérative FDB Møbler (la coopérative des consommateurs danois), où il occupe le poste de directeur du design. C’est dans ce cadre qu’il crée certaines de ses pièces les plus célèbres : la chaise J39 (1947), la chaise Spanish Chair (1958), le système de bibliothèques Boligens Byggeskabe.
Le Club Chair de Mogensen — cuir naturel, chêne massif, assemblages traditionnels apparents.
L’esthétique du nécessaire
Là où certains de ses contemporains — Hans Wegner, Finn Juhl — cherchaient la sculpture et la grâce, Mogensen cherchait la justesse. Ses meubles ont l’air simples parce qu’ils sont parfaitement résolus. Pas un détail de plus que nécessaire. Du chêne brut, du cuir naturel, des assemblages traditionnels apparents. Une chaise de Mogensen, on en hérite ; elle traverse les modes.
« Il ne s’agit pas de créer du neuf à tout prix. Il s’agit de créer ce dont les gens ont besoin, et de le faire bien. »
Børge Mogensen
Trois pièces à connaître
La chaise J39 (1947) — dite « la chaise du peuple ». Conçue pour FDB, elle est encore aujourd’hui produite à plus de 30 000 exemplaires par an. Hêtre, assise paillée. La chaise scandinave par excellence.
La Spanish Chair (1958) — inspirée d’un fauteuil traditionnel rapporté d’un voyage en Andalousie. Chêne massif, cuir tanné végétal. Une pièce qui se patine magnifiquement avec les années.
Le Hunting Chair (1950) — fauteuil bas en cuir et bois, dessiné pour une exposition de la Cabinetmakers’ Guild. Concentré du langage Mogensen : structure visible, matériaux nobles, confort sans ostentation.
Chiner du Mogensen aujourd’hui
Une pièce vintage signée Børge Mogensen — éditée par Fredericia, FDB ou Søborg Møbelfabrik — est un investissement sûr. Les marquages d’origine se trouvent généralement sous l’assise ou à l’arrière du dossier.
Vérifiez l’état du bois, la solidité des assemblages tenon-mortaise, et la qualité du cuir s’il y en a — un cuir patiné, oui ; un cuir cassé, non.
Maison Nordik · 49 rue Notre-Dame-de-Lorette, Paris 9e.
Børge Mogensen, l’esthétique du nécessaire
Designers
Børge Mogensen,
l’esthétique du nécessaire
15 juin 2026 · 6 min de lecture
Élève de Kaare Klint, ami de Hans Wegner, Børge Mogensen (1914–1972) a passé sa vie à dessiner des meubles « pour la vraie vie ». Robustes, sincères, taillés pour durer plusieurs générations — son œuvre reste la définition même du design fonctionnaliste danois.
Un artisanat avant tout
Børge Mogensen entre à 22 ans à l’École royale des beaux-arts de Copenhague, dans l’atelier de meuble dirigé par Kaare Klint. Klint enseigne une chose fondamentale : avant de dessiner, mesurer. Mesurer les corps, les usages, les vêtements pliés dans une armoire, la hauteur d’une chaise de salle à manger. Mogensen fera de cette méthode son credo.
Diplômé en 1942, il rejoint la coopérative FDB Møbler (la coopérative des consommateurs danois), où il occupe le poste de directeur du design. C’est dans ce cadre qu’il crée certaines de ses pièces les plus célèbres : la chaise J39 (1947), la chaise Spanish Chair (1958), le système de bibliothèques Boligens Byggeskabe.
L’esthétique du nécessaire
Là où certains de ses contemporains — Hans Wegner, Finn Juhl — cherchaient la sculpture et la grâce, Mogensen cherchait la justesse. Ses meubles ont l’air simples parce qu’ils sont parfaitement résolus. Pas un détail de plus que nécessaire. Du chêne brut, du cuir naturel, des assemblages traditionnels apparents. Une chaise de Mogensen, on en hérite ; elle traverse les modes.
Trois pièces à connaître
La chaise J39 (1947) — dite « la chaise du peuple ». Conçue pour FDB, elle est encore aujourd’hui produite à plus de 30 000 exemplaires par an. Hêtre, assise paillée. La chaise scandinave par excellence.
La Spanish Chair (1958) — inspirée d’un fauteuil traditionnel rapporté d’un voyage en Andalousie. Chêne massif, cuir tanné végétal. Une pièce qui se patine magnifiquement avec les années.
Le Hunting Chair (1950) — fauteuil bas en cuir et bois, dessiné pour une exposition de la Cabinetmakers’ Guild. Concentré du langage Mogensen : structure visible, matériaux nobles, confort sans ostentation.
Chiner du Mogensen aujourd’hui
Une pièce vintage signée Børge Mogensen — éditée par Fredericia, FDB ou Søborg Møbelfabrik — est un investissement sûr. Les marquages d’origine se trouvent généralement sous l’assise ou à l’arrière du dossier.
Vérifiez l’état du bois, la solidité des assemblages tenon-mortaise, et la qualité du cuir s’il y en a — un cuir patiné, oui ; un cuir cassé, non.
Maison Nordik · 49 rue Notre-Dame-de-Lorette, Paris 9e.
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Pièces signées Børge Mogensen
Chaise ‘The Spanish Dining Chair’‘Fredericia’. Plusieurs finitions
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6 615,00 €